Meurtrissures
Autant de marques qui ne seront jamais assez profondes pour laisser transparaître celles qui jalonnent mon âme.
Pourquoi donc un tel acharnement contre mon propre corps?
Ai-je donc tant besoin de laisser une trace visible de cette souffrance, de la rendre préhensile? N’est-elle pas déjà assez présente?
Ai-je donc tant besoin d’expier? Ne me punis-je donc pas assez à chaque instant par ma propre pensée?
Un bref instant de soulagement, sentir la tension s’évacuer avec ce sang qui s’écoule lentement, comme si une partie de cette folie y était contenue. Ce sang chaud, qui me fait réaliser que je suis encore vivant.
Et puis c’est pire. Le réveil voit le retour de la souffrance, à laquelle vient s’ajouter la honte d’avoir encore une fois perdu.
J’aurais tant voulu qu’elle ne les voie pas ce jour là. Et tellement envie qu’elle comprenne, qu’elle n’ait pas peur, qu’elle me serre fort contre elle, que je puisse les oublier, oublier ce mal et me laisser aller vers elle.
Des cicatrices qui ont plus de 10 ans, et qui sont toujours là, bien visibles, encore profondes.
De nouvelles qui semblent ne jamais se refermer, tant elles ont été appuyées.
Aujourd’hui elle me pèsent. J’aimerais ne plus les voir, oublier qu’elles sont là, qu’elles ont existé.
Un corps qui ressemble à un cadavre, et qui ne traduit que trop bien ce que j’ai fait à mon esprit, à mes sentiments.
Et au final, tout ce qui reste, c’est de se dire que cela ne fera jamais assez mal pour que je puisse me pardonner.
Commentaires
Salut Ostraka, c’est encore moi.
Quelques lignes de fuites sur la peau, quelques vieux masques accrochés dans les souvenirs…et alors ? Borderline, co-borderline ou bien portant, l’imposture est humaine.
Le pire, c’est quand nous essayons de nous cacher à nous-même, de dissimuler aux autres nos peurs intérieures. Nous faisons cela uniquement pour préserver notre relation, pour continuer d’être aimés, pour ne pas être quittés. Mais nous obtenons le résultat exactement contraire. De peur de ne pas être aimés pour notre vérité, nous donnons de nous quelque chose de faux, mais en retours, nous recevons aussi quelque chose de faux. À chaque rôle que nous jouons, à chaque mensonge que nous racontons, nous devenons plus malheureux. Nous ne montrons pas ce que nous ressentons, nous ne disons pas ce que nous pensons. Toute notre vie devient alors un énorme mensonge qui, parfois, nous est tellement insupportable que nous voulons mourir.
Nous nous retrouvons ensuite dans une situation qui nous paraît catastrophique, mais qui nous oblige à évoluer. Une épreuve extrêmement douloureuse est généralement salutaire, car elle permet de croître. Le désespoir est une formidable possibilité de guérison. Rares sont ceux qui se permettent le luxe de tout perdre et de ne plus savoir quoi faire. Ils ont un énorme potentiel de réinitialisation. En outre, certains ont même la chance de posséder une intelligence et une intensité hors du commun et par conséquent un haut potentiel créatif
Il s’agit maintenant de réorganiser ta propre vie, de façon lucide, créative et flexible, en saisissant les chances qui se présenteront à toi. Tu peux retrouver une capacité de jouer avec les événements, sans trop d’amertume ni ressentiments, pour les faire tourner à ton avantage, les intégrer dans une aire transitionnelle propice aux changements de perspective. Ta disposition d’esprit semble favorable. Certains disent :« quand le vent tourne, les uns érigent des murs et d’autres des moulins »…
Papyrus