A vif

La chair à vif, plus aucun espoir.
Plus envie de lutter, plus envie de faire semblant.

Trop de souvenirs, trop de mots dans ma tête. Le sentiment d’imploser, lentement.
Chaque jour je plonge un peu plus loin, chaque jour je ressens un peu moins l’envie de me battre, d’en sortir.

Il y avait encore un espoir, il y avait peut-être encore quelque chose de beau.
Maintenant tout est terminé. Maintenant tout est détruit.

Jamais plus je ne verrai son regard se poser sur moi, jamais plus je ne verrai son sourire, jamais plus je ne sentirai sa main chercher la mienne.

Je n’en peux plus. Je n’en peux plus de savoir que j’ai détruit cela, que j’ai préféré continuer à détruire alors qu’elle voulait réparer, que c’était encore possible.
Je n’en peux plus de savoir que c’est définitif, que c’est terminé, qu’on ne passera pas par dessus tout ce mal.
Je n’en peux plus de savoir que nos vies vont se séparer, qu’elles ne se rejoindront plus, qu’elles ne seront pas réunies, à tout jamais.

Aujourd’hui j’ai perdu l’envie de vivre, parce que j’ai perdu l’envie d’aimer, ou plutôt parce que cet amour est désormais éteint, parce que je l’ai tué.
J’ai finalement réussi à détruire la dernière chose à laquelle je tenais.

Je n’en peux plus de souffrir, je n’en peux plus de me faire souffrir.
Je n’en peux plus de cet amour qui fait si mal et que je ne peux oublier.

Je ne veux plus aimer, je ne veux plus sentir d’espoir en moi, je ne veux plus exister.
J’ai envie que tout se termine, là, maintenant, sans plus attendre.

Etre délivré, être mort.
J’ai envie de me tuer.

Des fragments de pensée épards
Aux confins d’un monde sans soleil
Sans âme et sans espoir.
Son corps chaud contre le tien
Sa peau glissant le long de ton âme
Telle une aurore impossible et vaine.
Des yeux qui te traversent
Des larmes qui emplissent ta vie
Et des regrets qui te déchirent.
Quelles leçons tirer d’un amour infini
Quel songe choisir s’il n’y en a qu’un seul
Et qui aimer encore si ce n’est elle?

Commentaires

Auteur
Papyrus
Date
10/14/2010 21:43
Bonsoir Ostraka,

Si tu laissais un peu tomber ton passé, ta culpabilité, ton goût du martyr et ta conviction que le salut se trouve ailleurs, notamment dans une relation amoureuse ?

Tu sais maintenant que le borderline que tu as attrapé a influencé ta perception du monde et par conséquent aussi tes convictions, tes comportements et même tes souvenirs. Alors, si tu passais à autre chose ?

Je me suis trouvé dans une situation analogue, quand je souffrais de mon co-borderline.
J’étais rongé par l‘inquiétude de perdre une relation intime irremplacable. Le seul moyen de m’en tirer était de me débarrasser de mon inquiétude. C’était une question de survie et j’ai réalisé que l’amour n’est PAS nécessaire à la survie, c’est plutôt une activité de haute conjoncture, une friandise. J’ai donc laissé mon amour en stand-by, j’ai totalement lâché prise et je suis passé à autre chose, notament à la lecture. A partir de là, mon état de tension insoutenable s’est dissipé tout seul et j’ai eu l’impression de revire.

Peut-être que ça marchera aussi pour toi ?

Papyrus
Auteur
Ostraka
Date
10/17/2010 02:39
Laisser tomber la culpabilité, le martyr, les regrets, les remords et la désolation?
Certes, voilà une façon de vivre.

C'est aussi laisser tomber ce qui m'a fait vivre. Laisser tomber ce qui me fait réaliser que je suis encore vivant, que je fais encore partie de ce monde, quand bien même je l'abhorre.

Cruelle désillusion de réaliser que la souffrance me maintient en vie. Tant qu'elle est là, tant que je la sens détruire en moi ce que je crois aimer, je sais qu'elle n'a pas encore gagné.

Lorsque je n'aurais plus mal, c'est qu'elle aura également détruit l'envie d'aimer, l'envie d'avoir un espoir, même lointain, même impossible.

Je sais que tout cela n'était pas réel. Que cela a modifié ma pensée.
Une bête assoiffée de sang qui grandit dans mon cerveau, et qui se nourrit de mes tentatives d'y échapper.

Je sais aussi maintenant qu'elle est collée à ma peau. Qu'elle et moi ne faisons plus qu'un.

Dois-je la combattre, au risque de la laisser gagner?
Dois-je l'accepter, au risque de ne plus savoir que j'existe?

L'amour n'est pas nécessaire à la survie, en effet.
Mais la survie ne m'intéresse guère.

Si elle me fait souffrir, c'est qu'elle n'a pas encore tout détruit.
Je ne suis pas certain de pouvoir combattre cette souffrance, mais si c'est la dernière chose qu'il me reste, alors c'est celle-ci que je vais choisir, et tenir jusqu'à la fin, pour pouvoir conserver ce sourire cynique d'une âme qui se sait perdue, et qui n'en a que faire du moment qu'elle refuse de se soumettre.
Auteur
Papyrus
Date
10/17/2010 14:59
Dois-je la combattre, au risque de la laisser gagner? Cela risque d'être épuisant et vain.

Dois-je l'accepter, au risque de ne plus savoir que j'existe? C'est préférable, car elle se nourrit de ta résistance. En l'acceptant totalement, elle n'a plus de prise sur toi, tu la prends au dépourvu, tu la prives de combustible jusqu'à l'éteindre complètement. C'est seulement ensuite que tu verras à nouveau ce qui était caché derrière le feu de paille.