Neurolepsie

Totalement assommé par ces nouveaux médicaments.
Qu’est-ce que cela sera une fois hospitalisé?

J’ai recommencé à rêver. Je préférais avant.

Projections hors de mon corps, hors de l’univers, hors du temps.
Voyages galactiques, la pensée éclatée, au sens propre, aux quatre coins de l’espace.
Le sentiment d’aller trop vite, trop loin.

Des planètes désolées et obscures, qui tournent à des vitesses effroyables.
Des orbites improbables qui m’amènent irrémédiablement à m’écraser sur un sol dévasté.

Un grand flash, toutes les images qui reviennent en arrière, en accéléré, comme si ma pensée était devenue un entonnoir.
Le rêve qui se rembobine, qui se retourne sur lui-même.

Un dernier tremblement de ma conscience éteinte, un dernier soubresaut de mon esprit qui se refuse à se laisser déconnecter de la sorte.

Sentiment de mort, imminente. Dernières impulsions électriques. Chaque neurone sentant en simultané celui d’à côté se déconnecter.
Un grand frisson que je sens traverser mon corps, même endormi.

Un trou noir qui aspire tout, et qui finalement s’aspire lui-même.

Et puis tout recommence, au début. Nouvel espace-temps, nouvelles planètes, nouvel écrasement… Et à nouveau tout qui se rembobine, et explose à nouveau, inlassablement, sans fin.
Et à chaque fois les sensations de vide et d’écrasement deviennent plus fortes, parce qu’elles sont attendues.

Cela me rappelle certaines impressions et sentiments que j’ai eu en descente de LSD.
Mais sans la montée.

Je n’aime pas les neuroleptiques.