Dernière nuit

J’ai passé ma dernière nuit avant l’hospitalisation.
Une nuit hachée, comme les autres, malgré un comprimé de Stilnox.

Réveil chaque heure, peine à s’endormir à nouveau. Au final, l’impression de ne pas avoir dormi du tout.

Des doutes quant à cette hospitalisation dont je ne connais pas la durée.
Des doutes quant à moi-même, à ma capacité de ne pas manipuler.

Un corps qui ne ressemble plus vraiment à quelque chose d’humain.
Et j’aime ça. J’aimerais qu’il y ait d’autres marques, à chaque fois.
Il n’y en a jamais assez, elles ne sont jamais assez profondes.

Il est temps que tout cela s’arrête.
J’ai hâte d’y être, que cette journée se termine.
Non pas parce que j’en ai l’envie, mais juste pour que cela s’arrête, pour que cela soit mis sur pause un moment.

Et en même temps j’ai envie d’aller me perdre, plus que jamais.
Alors qu’on me déconnecte le cerveau, et vite…

Que cela serve de leçon à ceux qui croient qu’il existe une rédemption en dehors de soi, à commencer par moi-même.