Hospitalisation – Après

Trop tôt, ou peut-être trop tard justement.
Je suis sorti, je suis dehors.

Je cherche à me détruire, et j’en suis conscient.
Alors il n’y a pas de problème. Une bonne dose d’anti-dépresseurs devrait suffire.

Et bien non. Jamais je n’ai été aussi mal, depuis cette sortie.

Je dors, sans pouvoir distinguer mes rêves de la réalité. Je me lève, avale sagement ma dose de drogue officielle, essaie de vivre un instant.
Et puis non, je ne suis plus là, je ne suis plus le même, je ne me sens plus dans mon propre corps.

Alors je bois, me défonce à la C… Quelle différence pour un cerveau déjà éteint, déjà bon à jeter aux ordures nauséabondes de notre monde incompris?

«Le sourire défensif». Cette première phrase de l’infirmière qui m’a accueillie.
Peut-être auraient-ils dû en tenir compte.

Le sourire a toujours été là. Trop nécessaire à ma survie, à ma dose quotidienne de Xanax.
Trop utile pour masquer ma folie, à eux autant qu’à moi-même.

La folie n’en est plus une lorsqu’elle est consciente d’elle même.
Quelle grossière erreur de tous ces savant dealers d’oublis que sont certains psychiatres.

La folie est pire lorsqu’elle est conscientisée, parce qu’elle peut s’auto-alimenter, s’auto-justifier.

Jusqu’où faudra-t-il que je me perde pour que quelqu’un le comprenne, avant d’être définitivement perdu dans une totalité trop vite dé-totalisée?

Souvenir d’une vie passée,
Ou passé d’un souvenir,
Détours de la pensée,
Et âme crucifiée.

Je suis largué,
Et je m’en fous,
Car je ne sais plus,
Ce qu’aimer veut dire.