De plus en plus dur de tenir le coup…
Je crois que je n’a jamais été aussi mal. Avant il y avait la rage, les meurtrissures, la douleur… Toute cette haine qui pouvait s’écouler par mes veines…
Maintenant il ne reste que le vide. Un vide incertain, inconstant et futile.
Des pensées éparses qui obturent mon esprit, qui lui rappellent sans cesse sa douloureuse existence.
Et rien… Juste un sentiment désespéré de solitude.
Il n’y a guère que des regrets dans mon existence, et ils me pèsent chaque jour un peu plus.
En ce moment même, je n’ai aucune idée de ce que j’écris. Je laisse mon esprit parler, s’écouler lentement.
Sortir est devenu douloureux. Affronter le monde, supporter ces agressions incessantes, même si elles n’existent que dans ma tête.
Sortir… Voir le monde…
Peu m’importe ce monde vide, sans aucune substance.
Je le vomis, le transpire. Je ne supporte plus sa constante instabilité.
Envie de partir loin, très loin, et de ne plus jamais revenir.
Tout oublier, ne serait-ce que pour un instant, une seule seconde.
Mais non, chaque jour apporte son improbabilité, sa détestable constatation de soi.
Il n’y a pas de rédemption, pas de catharsis. Juste le souvenir d’une existence brisée sur des écueils qui n’auraient pas dû être là.
Une seule petite pensée, apparemment vaine et inconsistante, mais qui a déterminé cette folie qui me harasse.
Des décharges qui partent de l’avant de mon cerveau et qui courent le long de mes membres, jusqu’à exploser en un frisson électrique que je ne sais maîtriser.
Des doses de plus en plus fortes. Je ne sais plus si les médicaments font de l’effet, ou au contraire me rendent asservi un peu plus chaque jour.
Des rêves de plus en plus précis, glauques… Je dois me forcer à me réveiller pour ne pas rester croché dans une de ces illusion, me forcer à ouvrir les yeux et réaliser que je suis toujours chez moi.
Et je ne cesse de me dire que, peut-être, tout cela ne serait jamais arrivé si elles avaient compris…