Reprise…
Pourquoi maintenant, pourquoi après tant de temps?
Je n’en sais rien… Juste cette envie, ce besoin. Le sentir couler… Un peu de chaleur, pâle mais bien présente.
Sentir cette vie qui m’échappe. La sentir s’évader par mes veines, une fois encore.
Les veines. Le sang. Un sang plein et saturé, obstrué par des couleurs incessantes, vides et absurdes.
Il en est une qui me manque… Jamais je n’aurais du me mentir, jamais je n’aurais du rejeter ce que j’ai tant voulu.
Mortie. S’il ne devait y en avoir qu’une ce serait elle.
Comment ai-je pu laisser passer autant de grâce?
De la peur sans doute. De la peur qui me suit, et me harasse.
De la peur qui n’a de cesse de me rappeler sa monstrueuse nudité.
Je crois que j’ai arrêté d’aimer depuis ce jour, parce que l’amour était devenu impossible.
Impossible parce que je ne voulais pas m’abandonner, alors que j’aurais dû.
Impossible parce qu’elle était bien trop pour ma misérable existence, qui se savait déjà brisée.
Elle me manque. Cette époque me manque. Jamais je n’aurais dû partir, jamais je n’aurais dû la laisser seule.
Et pourtant je l’ai fait.
Et je n’aurais de cesse de me le reprocher. Une envie de demander pardon, comme si le pardon pouvait exister lorsqu’il a été gaspillé de la sorte.
La suite n’a été qu’une recherche de cette sensation. Qu’une vaine tentative de la retrouver dans les yeux d’une autre.
Parfois je me demande si j’ai réellement aimé. Si j’ai pu faire autre chose que semblant.
Avec les autres, c’est fort probable. Mais elle…
Elle qui terrasse mon coeur, encore maintenant.
Non, jamais je n’ai vraiment aimé, si ce n’est elle…