A celle qui m'a fait vivre
A celle qui m'a tué.
A toi
Doux ange
Démon solitaire
De l'insouciance profanée.
L'homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert.
A. de Musset
Le train
«Pardon Monsieur...»
«A quelle heure arrive le train?»
La voix me réveille
Qui a bien pu me parler?
«Le train... A quelle heure?»
Lentement les nuages se dissipent
Je suis dans un train
Je ne le savais pas.
Elle est belle
Innocente et naïve
Des grelots dorées dans ses cheveux roux
Comme un cortège funèbre qui s'ignore.
Un sourire
Une réponse ignorée
Et je pose ma tête contre la vitre
Je dois descendre.
Al
Al n'avait plus de visage
Perdu dans une ville inconnue
Sa valise a la main
Il attendait un sourire.
Il s'est approché de moi
Il m'avait reconnu
Ses yeux creusés
N'avaient plus aucun secret.
Que fais-tu là Al?
Ne sais-tu pas que tu es déjà mort?
Ton sang est marqué d'infamie
Et ton corps n'oubliera pas.
Tu portes ta perte
Dans ta main
Cette valise que tu m'ouvres
Et qui me fait oublier.
Al, tu aurais dû y penser
Et je n'aurais pas dû m'arrêter
Passer tout droit
Sans te voir.
Mais tu as pu parler
Juste un instant
Et oublier ce que tu portes
Avant de renoncer une fois encore.
Al, j'aurais voulu te prendre dans mes bras
Et rester un peu plus.
Al, tu es peut-être mort maintenant
Mais jamais je n'oublierai tes yeux.
Corps endormis
Elle ne bouge plus
Que s'est-il passé?
Tu n'en sais rien
Tu fermais les yeux.
Elle respire encore
Lentement
Elle s'est endormie
Tu ne sais pas quoi faire.
Tu t'étends à ses côtés
Et tu la prends dans tes bras
Ton corps souffre
Seul contre le sien.
Ce n'est plus elle
Juste un corps endormi.
Qui ne sait même pas
Que tu es à ses côté
Ferme les yeux
Essaie de dormir.
Demain tu renteras chez toi
Elle ne verra pas tes larmes.
Ville prise
La folie cours dans les rues
D'un empire dormant
Immaculé
Et sans âme.
Ce soir la ville est en feu
Volutes incertaines
En habits noirs
Maculés de sang.
Un chien décharné
Plonge ses dents dans un corps
Les cadavres s'entassent
Et pourrissent déjà.
Baisse ta garde
Prend-la en pleine poitrine
Et crache ton sang
Sur sa visière de plomb.
Le crépuscule sonne la charge
Et les pavés résonnent
Des bottes de velours
Nuremberg est à nos portes.
Le monde oubliera
Le sang sèchera
Et les murs éteints seront détruits.
Le monde oubliera
Et ne se réveillera
Que bien trop tard.
Morphine
Les yeux perdus
Au fond d'un miroir d'acier
Trait tirés en flèches immobiles
Morphine
Tu marches sur les nuages
Eclate ce reflet
Plonge tes mains dans le verre
Et arrache ce visage
Morphine
Tu ne rêve pas
Tu es seul a nouveau
Ta tête explose
Et tes mains saignent
Morphine
Tu n'as plus mal
Douce illusion
Laisse la couler
Tu ne peux plus l'arrêter
Morphine
Tu es largué
Tu te sens vide
Tu as peur
Elle s'en va
Morphine
Tu marches sur les nuages
Morphine
Mort fine
Plus rien
Et tu t'écrases
Ville glauque
Des pavés sauvages
Et des rues solitaires
Qui jalonnent ton âme
Ville glauque
Infinie
Poussière nocturne
Sans fenêtre.
Souvenirs d'un jour
C'était il y a un an,
Le jour où je suis né,
Et tu ne savais pas,
Que je voulais être avec toi.
Le soleil s'était levé,
Et des larmes glissaient,
Le long de mes joues,
Dans un café déjà froid.
M'as tu parlé?
M'as-tu regardé?
Une seule fois,
Avant de boire à ta liberté?
J'étais seul,
Dans la rue,
Et toi tu dormais,
Avec un autre.
Mon âme résonne encore,
De ces larmes que j'ai versées,
Alors que je marchais,
Seul dans la nuit.
Tu ne m'a plus parlé,
Je n'existais plus,
C'était il y a un an,
Le jour où je t'ai perdue.
Larmes amères
Tu as vomis ta peur
La tête contre le sol
Un visage fracassé
Contre du béton.
Ton corps inerte
Traîné de mes mains
Encore tremblantes
Jusqu'à ton lit.
Je ne devrais pas être là
Et pourtant je suis à tes côtés
Et je te porte
Jusqu'aux rives infinies des songes.
Ta tête est inclinée
Vers des rêves dorés
Les yeux tranquilles
Enfin, tu dors.
Demain tu ne te rappelleras plus
Demain tu ne comprendras pas
Et demain je m'en irai.
Je ne pourrai pas oublier.
Je pleure
Assis dans un coin
Sans pouvoir bouger.
Je pleure
Seul
Pendant que tu m'oublies.
Besoin de toi
J'aimerais pouvoir pleurer contre ton épaule
Comme un enfant
Me laisser glisser vers toi
Et oublier tout le reste.
Mais tu es si loin de moi
Et si incertaine
Que je ne sais plus
Si j'ai rêvé.
Le temps passe
Et je le regarde
Ton souffle contre mon visage me manque
Et mon coeur brûle toujours.
Elle est dans ma tête
Spectre solitaire
Inconscient
Et pure.
Elle soulève sa robe
Lourde étoffe
Tissée des mêmes souvenirs
Que ta peau m'a laissé en guise d'adieu.
Mais j'étais là
Avec toi
Je préfère l'agonie à la mort
Si je peux être à tes côtés.
Mais toi où es-tu?
Où es-tu lorsque j'ai besoin de toi?
Où es-tu lorsque je suis seul?
Et où es tu lorsque je t'appelle?
Tu as pris jusqu'à mon âme
Et ma pureté
Avant de me laisser
Seul avec mes souvenirs.
Une petite image
Irréelle
Un coeur brisé
Voilà ce que tu m'as donné.
J'aimerais pouvoir pleurer contre ton épaule
Mais toutes mes larmes ont séché
A tes pieds
Sans que tu les voies.
Tu m'as attaché à ton âme
Le temps d'un rêve
Mais tu savais déjà
Que tu ne pouvais m'aimer.
Tu ne peux défaire ce noeud
Tu ne l'as jamais voulu
Alors je vais mourir là
Les mains liées.
Viens
Viens
Réveille-toi
Je vais te tuer
Et danser sous la pluie.
Les pieds dans le sang
Le mains dans ton cerveau
Brise-le
Et écoute la mort.
Descendons les vastes plaines mortes
Ensemble
Jusqu'au bout du lac
Où je vais te noyer.
Une ville fermée
Au fond d'un oeil
D'innocence macabre
Plénitude voilée.
Les sorcières déambulent
Ajuste ta lame
Et souviens-toi des enfants
De leurs mains tranchées.
Coupe toi la langue
Enroule-la contre ton coeur
Serre fort
Elle pourrait en sortir.
J'ai arraché mes yeux
Et tu les as dévorés
Dans une chambre immobile
Sans visage.
Tu as mis ton masque pourpre
Ne le baisse pas
Regarde toi
Tu vas mourir.
Fuis
Cours
Rejoins-moi
Je ne suis plus là.
Des corps empilés
Sous les étoiles
Qui s'aiment sans se voir
Putréfaction et murs innocents.
Au dessus des nuages
Sous les ombres
Sans fin
Réveille-toi.
Une rêve de folie bleue
Eclatée et triangulaire
Viens
Entre dans la nuit.
Les yeux saignent
Sur le sable chaud
Viens
Rejoins-moi
Rejoins-moi
Maintenant
Rejoins-moi
Et tue-moi.
Un papillon
Où est-il ton génie?
Où sont les étoiles?
Juste une autre voile
Qui flotte devant ma folie.
Derrière ma tête
Elle vole en cercles
Mortelle boucle
Jamais elle ne s'arrête.
Un papillon sans aile
Orbites incessants
Sur une main irréelle
Au contour sanglant.
Lave ta lame
Une reine épée
Et sèche-là sur mon âme
Que tu as oubliée.
Le miroir
Un reflet diffus
Sur un miroir
C'est moi que je regarde
Au delà des rêves.
Amertume ironique
Au fond des yeux
Déjà ternis
Et sans vie.
L'image s'efface
Et disparaît
Je me suis trompé
C'est toi qui me regarde.
Sacrifice
Tranche moi la gorge
N'hésite pas
Je ne me battrai pas
J'aime trop le goût du sang.
Attache moi les mains derrière le dos
Et mène moi sur l'autel
Je veux être sacrifié
Et boire mon sang.
Sacrifie mon corps à la lune
Frappe-le
Détruits-le
Il t'appartient.
Tranche
Coupe à la gorge
Mais ne cherche pas le coeur
Tu l'as déjà pris.
Laisse moi pourrir
Sur le sol
Regarde les vers me ronger
Et baise mon front.
Donne-moi tes lèvres une dernière fois
Et dépose tes larmes à mes côté
N'oublie jamais ce moment
C'est pour toi que je meure.
Le lit
Elle ne bougeait plus
Calme
Et sereine
Sur son lit de mort.
Ses cheveux relevés
La bouche fermée
Elle semblait attendre
Avant d'ouvrir les yeux.
Les mains jointes
Sur sa poitrine
Elle était blanche
Et sèche.
«Réveille-toi»
Semblait-il lui murmurer
L'enfant ne comprenait pas
Hier, elle était encore là.
Lentement
Il lui prit la main
Et il recula
Elle était froide.
Alors il comprit
Ce n'était plus elle
Juste une poupée de cire
Avec laquelle il ne jouerait plus jamais.
Leurs âmes
Leurs âmes volent
Au dessus de toi
Tu aimerais les ramener
Ou les rejoindre.
Leurs âmes volent
Et tu es là
Tu es seule
Malgré tes larmes.
Leurs âmes volent
Avec les souvenirs
Et tu aimerais
Pouvoir les oublier.
Mais on ne peut rien faire
Sinon aimer.
On ne peut rien faire
Sinon se rappeler
Et on ne peut rien faire
Sinon pleurer.
Sous terre
J'aimerais être enterré
Parfois
Et ne plus être vu.
J'aimerais effacer mes erreurs
A jamais
Et ne plus les voir.
J'aimerais rayer
D'un coup de plume
Toutes ces lignes amères.
J'aimerais ne jamais avoir eu
Toute cette haine
Qui t'a fait souffrir.
Une journée noire
Vient de commencer
Pour toi.
J'aimerais te faire un signe
Te tendre la main
Et te prendre dans mes bras.
Mais je ne sais pas quoi faire
Je regrette
Et cela ne change rien.
Tu souffres toujours
Tu les as perdu
Tu es perdue.
J'aimerais être enterré
Sous terre
Et y pourrir.
Me décomposer
Lentement
Et ne plus jamais te faire mal.
J'aimerais être sous terre
Sous terre
Oh oui, sous terre.
Le bourbon
Je me suis trouvé, un soir
Je ne m'y attendais pas.
Je me suis vu
Dans le fond d'une bouteille.
Tu y étais aussi
Comme si tu n'étais jamais partie.
Tu y étais
Avec moi.
Comment as-tu fait
Pour y entrer?
Comment te sens-tu
Tout au fond?
Comment fais-tu
Pour flotter?
Comment fais-tu
Pour ne pas me voir?
Je vais finir cette bouteille
Et boire à ta santé.
Je vais me saouler
Et te faire disparaître.
Je vais m'écrouler
Et ne plus paraître.
Au fond d'une bouteille
C'est là que je veux être.
Tu aurais pu
Je sais que tu te sens mal
Je sais que tu t'en veux
Je sais que tu as peur
Et je sais que tu le sais
Mais tu aurais pu
Me dire un mot
Une phrase
Rien qu'une
Je sais que tu es seule
Je sais que tu ne dors plus
Je sais ce que ça fait
Et je sais que je suis trop loin
Mais tu aurais pu
Rien qu'une fois
Même sans y penser
Me demander comme j'allais
Appel à l'aide
Etait-ce encore la nuit
Ou faisait-il déjà jour?
Je ne sais plus.
Je ne dormais pas
Les mots tournaient
Impossible de les fuir.
Le téléphone sonne
Quelque part là-bas
Il faut se lever et aller répondre.
Je sais qui m'appelle
Pas besoin de regarder
Je l'ai toujours su.
Quelle heure est-il?
Je ne sais pas
Je m'en fous.
Je me serre un verre
Scotch, comme d'habitude
Après la bouteille sera vide.
Une clope encore
Et je suis prêt
Je décroche.
Un flot de larmes
Et c'est elle
Qui respire, à l'autre bout.
«Salut»
«Je ne voulais pas t'appeler»
«Je me sens si seule»
«Tu es le seul qui a répondu»
«Je ne voulais pas»
«Je suis tellement désolée.»
Je m'accroche
Il ne faut pas pleurer
Pas en même temps.
Elle ne tient plus debout
Et je ne peux rien faire
Je suis loin.
Je l'entends crier
Et je l'entends souffrir
Mais elle se tait.
Lourd silence
Halètement sans fin
Dehors, les oiseaux chantent déjà.
Je sais
Je sais ce qu'elle sait
Et je sais qu'elle le sait
Je veux partir
La rejoindre
Même si je dois en mourir.
«Laisse moi»
«Tu ne peux rien faire»
«J'ai besoin d'être seule»
La voix se tait
Elle n'est plus là
Je n'ai rien pu faire.
Une heure passe
Je n'ai plus rien à boire
Et le sang coule encore.
Je ne veux pas dormir
Pas encore
Elle pourrait appeler.
Et tout recommence.
Elle revient
Et je décroche encore.
Elle dérive
Enfin calmée
Et je lui parle.
Je sens ses yeux se fermer
Déchirement d'un corps qui souffre
Et elle m'abandonne.
Sa tête ne bouge plus
Le souffle est régulier
Les larmes ont séché.
Elle dort
Enfin
Je peux raccrocher.
Avant la nuit
La nuit est encore longue
Mais déjà ton esprit se voile
Harassé par la folie
Plus envie d'écrire
Plus envie de souffrir
Et aller dormir
Mais il y a encore trop de mots
Dans ta tête
Qui tournent sans cesse
Encore un verre
Encore une clope
Plus rien ne compte
Tu as encore oublié
Ce n'était qu'un moment
Et tu en a fais ta vie
Elle n'est plus là
Se réjouissant déjà
De ta mort prochaine
Mais tu la sens encore
A côté de toi
Tout contre ton coeur
Plus rien ne compte
Si ce n'est ce souvenir
D'une nuit passée
Plus rien ne compte
Si ce n'est elle
Et son odeur encore fraîche
Stigmates d'un amour vain
Noyé par quelques instants de plaisirs
Qui arrachent ton âme
Tu pleurs,
Inconscient
Les larmes coulent sur ton visage
Teintées d'amertume
Elles roulent de tes yeux
Et s'écrasent sur le sol
Ce n'était qu'un instant
Volé aux souvenirs
Et aux rancoeurs
Un instant
Rien de plus
Et rien de moins
Mais tu aurais aimé
Fou que tu es
En faire ta destinée
Laisse toi glisser
Sombre dans la nuit
Encore moite de ce rêve
Laisse toi aller
A ce lourd sommeil
Qui te tend les bras
Demain est un autre jour
Un autre jour sans elle
Et rien d'autre
Avec toi
Les yeux vides
La mâchoire sanglante
Je regarde mes mains
Et je ne sais plus.
Des couleurs obturent mon esprit
Et l'entraînent
Dans un glissement léger
Vers les portes de l'infini.
Mon corps est encore chaud
Chaud de ton amour
Et pourtant j'ai froid
Car je suis seul.
Ai-je rêvé
Ou est-ce bien ton odeur
Qui me suis
Au fond de mon âme?
J'aurais voulu fermer les yeux
A jamais
Et ne plus rien voir.
J'aurais voulu rester à tes côté
J'aurais voulu te sentir près de moi
J'aurais voulu que cet instant ne se termine pas.
Et pourtant je suis seul
Mon coeur a froid
Il est vide.
Mon esprit regrette
Ces instants trop cours
Qui lui font si mal.
Je t'aime comme un enfant
Arraché du ventre de sa mère
Par des mains cruelles et mécaniques.
Des voix résonnent dans ma tête
Et la font éclater
Car elles ne peuvent en sortir.
Prisonnières de leur pensée
Elles hantent mes jours
Et détruisent mes nuits.
J'aurais voulu te garder
Contre moi
Quelques instants de plus.
J'aurais voulu tout arrêter
Les mots et les autres
Les voix et les couleurs.
J'aurais voulu tout arrêter
Et rester là
Avec toi.
Instant nocturne
Drapée de velours noir
Elle l'attendait comme un autre jour
La nuit avait été sanglante
Et sans étoile.
Une voiture s'arrête
Dans un brouillard de folie liquide
Et il en descend
Seul face à lui-même.
Il marche jusqu'à la porte
Murs sordides
Connus et reconnus
La peur au ventre.
La voilà,
Déraisonnable et noire
Comme un sombre joyaux
De retour du pays des morts.
Elle le prend dans ses bras
Et lui ferme les yeux
Une larme sur la joue
Comme si rien n'avait changé.
Elle le tire à elle
Et il suit
Douce innocence
A jamais consumée.
Ses lèvres et ses mots
Rosée subtile
Passion renouée
Qui déchire son âme.
La suite appartient au silence
Deux corps se sont aimés
Mais les esprits, eux, souffrent toujours
Seuls dans leur prison passée.
Le réveil est irréel
L'odeur de sa peau, encore tiède
Suprême velours illusoire
Colle encore à son esprit.
Il marche,
Et son coeur bat au même rythme
Comme si l'amour et le désespoir
Ne faisaient plus qu'un.
Demain il devra se souvenir
Se souvenir d'oublier
Et oublier les souvenirs
Demain il devra mourir
Une fois encore
Pour qu'elle vive.
La montagne
Une nuit comme une autre
Obscurité et illusions des sens
Sous un lourd manteau noir
Une lune blafarde et vaine
Lumière incertaine
Voilée par les âmes endormies
Il regarde les murs
Jaunes
Sans vie
Dressée devant ses yeux
Hymne absurde
La terre verse ses larmes
Des gouttes de sueur qui glissent
Et éclatent
Mollement
Nuit gluante et humide
Lente dérive
Vers des rêves haineux
Envie de vomir
L'insecte est déjà là
Pattes inutiles sur le plafond
Vermine gracieuse
Putain d'un monde
Vidé de toute substance
Il ne se souvient pas
Il ne se souvient de rien
Pas même d'être né
Rire qui déforme
Un visage défait
Aucune importance
Le calme avant l'aube
Ejaculation d'un dieu soleil
Qui soulage ses pairs
Se lever et regarder la montagne
Imparfaite
Trop sûre d'elle
Les cortèges de rêves coulent
Dans des rues innocentes
Et lointaines
Nuage vide
Illusion
Confusion
Il ferme les yeux
Il n'a rien d'autre à faire
L'insecte est immobile
Lueur cruelle
Qui frappe son corps
Le jour reprend ses droits
«Sors»
Lui murmurent les voix
«Va-t-en»
Les enfants le regardent
Leurs yeux vides
Poupées sodomisées
La haine
Brutalité d'un instant
Et toujours pas de reine
«Cours»
«Fuis ces monstres»
«De porcelaine éclatée»
Mais ils collent à sa peau
Il veut la détacher
La retourner
Ils déforment ses rêves
Plaintes
Rubis scintillants
En prendre un
Enfin
Et lui faire payer
Des rideaux de sang coulent dans sa tête
Flots d'amours ou rivières de haine
A marée haute tout se confond
Grincement des dents
Qui déchirent la chair
Goût du sang
Qui descend le long de sa gorge
Acier rouge
Marque d'innocence révélée
Une main
Sanglante
Qui se crispe
Qui appelle à l'aide
Trop tard
Il fallait le croire
Dépouille immobile
Dépouillée
Dans un souvenir
Au coin d'un rêve
Il s'en veut.
Souffrance inutile et inconsciente
La montagne l'appelle
Là-bas
Il lâche son corps
Meurtri des vomissures passées
Il cours
Vers l'invisible
Vers le haut ou vers le bas?
Quelle différence?
Une main sors de terre
Rongée par les vers
«Prends-la»
«Accroche toi»
«La voilà ta reine»
«C'est elle»
Il l'aime
A mort
Il la hait
A vie
Douceur improbable de l'instant
A jamais détruit
Au bord d'un précipice
Elle le lâche
Suspendu encore à ses lèvres
Cousues de fils de haine
Dérision d'une chute
Qui se sait sans fin.
Un cri
Qui se déforme
Une folie
Qui se tue
Un esprit
Qui se noie
Une reine, enfin
Qui a essayé de l'aimer
Innocent
L'enfant n'avait d'yeux que pour elle
Elle qui n'avait d'yeux que pour sa haine.
Elle le prit de ses bras
Et le broya
Lentement.
Et lui ne comprit pas
Il l'aima plus fort encore
Désespoir d'un esprit qui se sait perdu
Et qui se débat en vain.
Reflet d'une vie innocente et pale
Au doux miroir d'acier
Mâchoires sordides et immobiles
Délicates meurtrissures d'une âme en peine
Brûlée par un soleil noir.
Un ange est tombé
Amères tombes
Au chant du désespoir
Honneur perdu
Comme l'amour,
Oublié, lui aussi.
La fable
Je suis l'acteur bidon d'une fable déjà écrite, à l'allure d'un rêve.
Oublie
Oublie ma haine,
Disais la voix du rêve.
Oublie,
Et prend ma main.
Oublie,
Et rejoins moi.
Mais tes yeux se sont ouverts,
Vides d'avoir trop pleuré
Des perles incolores et vaines
Qui roulent encore dans tes pensées.
Un ange est passé,
Plumes noires,
Souffle nocturne,
Et plus rien.
Le rêve se termine ici,
Ou peut-être commence-t-il,
Car tu ne sais plus,
Si tu dors encore.
Les larmes
Tends tes bras, esclave,
Tu n'en as plus besoin.
Tendres ligatures des âmes,
A l'aube, oubliées.
Ecoule ta haine,
Sombre mélodie
Inconsciente
De poussière réveillée.
Un rêve se voile,
Aux portes de l'infini,
Violence,
Et peur.
Amères souvenirs,
A la teinte lointaine
D'une larme
Sur ta joue.
Cours
Elle coule le long de ton corps,
Et tombe à tes pieds,
Vision nocturne,
D'une beauté oublié.
Un nuage se perd,
Dans l'ombre de tes yeux,
Mémoire sombre,
De ton amour.
Oublie tes tourments,
Et rejoins-moi,
Aux portes de l'enfer.
Un cri déchire ta nuit,
Echo des âmes,
Sublime souffrance des horizons.
Ce n'est plus du sang,
Qui coule dans tes veines,
C'est ma haine.
Cours,
Tu n'as plus le temps.
Cours,
Tu es mort.
Cours,
Et crève.
Sur la route
L'enfant sans visage marche,
Sur une autoroute sulfureuse,
De folie égarée,
Divins mensonges des cieux.
Au loin se reflètent les étoiles,
De ruines satinées,
Rêves éteints,
D'une autre époque.
La bouche sans âme,
Et sans yeux,
D'une fillette nue,
Sous la lune-enfant.
Tremblement des astres,
Terre lointaine,
Aride désert de mon amour,
Oublie les yeux.
Marche dans la nuit,
Entre dans l'obscurité,
Rideaux de velours,
Au déchirement léger.
Prend-le par la main,
Et prends son âme,
Fils défaits,
De sperme ensorcelés.
Meurs,
Doux ange.
Meurs,
La haine au fond des yeux.
Arrête, c'est trop tard
Il est des jours,
Aussi longs que les nuits,
Et des nuits,
Plus longues que les jours.
Ton sourire m'appelle,
Au plus profond de mes rêves,
Et me tirent d'un sommeil,
De folie injectée.
Amour en boite,
Rêves en pilules,
Illusions en poudre,
Nul songe d'une seringue vide.
Se réveiller,
Sentir son âme se battre,
Et l'écrouer,
Une bouteille à la main.
Un visage défait,
Aux mille rides,
Globes ancestraux,
Qui saignent.
Se lever,
Se détruire,
Se coucher,
Ne rien savoir.
Plus le temps,
Plus l'envie,
Plus la force,
De se réveiller.
Alors meurs,
Prend une autre vie,
Et cesse de pleurer,
Car déjà tu n'as plus de larmes.
Insomnie
Ses yeux sont ceux d'une morte,
Et son coeur meurtri,
Au plus profond de la nuit,
Hante mes rêves.
Réveil honteux,
Gouttes de sueur,
Perles d'illusions,
D'une aube improbable.
Pas encore,
Ton heure n'est pas venue,
Ferme les yeux,
Pour ne plus les voir.
Avale ta dose,
Tourbillons des globes,
Qui s'enfoncent,
Et te traversent.
Le matin est encore loin,
Mais déjà tu n'es plus là.
Ton âme éteinte,
Et ta douleur, oubliée.
La pluie
Lointains souvenirs d'une gloire passée,
D'amour imprégnés,
Torrides illusions,
D'une vie mensongère et impure.
Immensité créatrice du chaos,
Vide et infantile,
Il marche seul,
Sur la route de sa naissance.
Sa mort est dans le ciel,
Infinie clarté,
Proche et soudaine,
Comme une pluie d'été.
Le dormeur
Au fond de ses yeux,
Miroirs assoupis,
D'une passion infinie,
Coulent encore des larmes.
Il est endormi,
Le visage serein,
La bouche délicatement ouverte,
Aux portes d'un songe.
Il dort,
Profond sommeil,
D'une âme en paix,
Rêvant l'espoir d'une autre vie.
Calme,
Sur le sol reposant,
Infini d'un instant,
Enfin retrouvé.
Est-ce un sourire,
Qui nargue ses lèvres,
Douces roses,
De rosée imprégnées?
Les bras le long du corps,
Les mains ouvertes,
Aux tentations de jadis,
Et à l'amour d'aujourd'hui.
Calme de l'innocence,
Au lourd sommeil,
Sans rêve,
Et sans espoir.
Du sang coule de ses veines,
Dernières traces,
D'une existence brisée,
A jamais consumée.
Une lame de rasoir,
A côté de lui,
Calme,
A jamais.
Largué
A genoux,
Prosterné devant l'indolence,
Je reçois tes coups,
Et les larmes coulent.
Souvenir d'une vie passée,
Ou passé d'un souvenir,
Détours de la pensée,
Et âme crucifiée.
Je suis largué,
Et je m'en fous,
Car je ne sais plus,
Ce qu'aimer veut dire.
Le démon
Cours, démon
Fuis ces jours tendres
D'amour encore tièdes
Et de joie
Lointaine et impure
Fuis
Ou tue-moi
Avant que je ne meure
Abîme
Douleur et dérision
Amour et innocence
Qu'importe l'abîme
Pourvu qu'on ait la chute
La chute
Abîme lointain
Dernier rempart des âmes
Dans l'ombre d'un soleil noir
Il tombe
Chute sans fin
Divine comédie
D'un amour risible et vain
Ainsi rêva l'enfant
Sourire rageur
Des yeux injectés de sang
Orgasme impur
Une aiguille dans le bras
Couleurs ensorceleuses
Martelant ses tempes
Et meurtrissant son âme
Douceur de l'insouciance
Eclairs du cuir
Coups de fouet
Rugissants
Et déchirants
Il s'abandonne
A la mort
A l'amour
Et à la folie
Une aiguille dans le bras
Il s'en est allé
Lointain abîme
Des âmes perdues
Héroïne
Blanche
Et amère
Douce couleur
Immortelle
De sang injectée
Et de mort
Lente
Et chaude
D'une veine éclatée
Impudique et fixe
Comme un regard
Détruit
Seul
Et libre.
Parallèles
Mon esprit s'en est allé,
Dans l'ombre d'un soleil noir,
Noir de ma folie,
Noir de mon amour.
Mon âme, doux rêve,
Par ton souffle,
Et par ta flamme,
Dans mon corps se consume.
Amour de la folie,
Ou folie de l'amour,
Je ne sais plus,
Je m'en vais.
Je sens mon être,
En filaments divins,
Torturé par la mort,
S'échapper lentement.
Combien de temps,
Combien de larmes encore,
Devront s'écouler devant mes yeux,
Triste reflet d'une vie sans amour.
Souffrance éternelle de âmes perdues,
Nulle rédemption,
A l'horizon de mon étoile,
Je me noie.
Crier,
Hurler devant la douleur,
Et en finir,
Enfin.
Jamais,
Jamais plus,
Je ne sais plus,
Je ne suis plus.
Pourquoi,
Et où?
Je me perds,
Je me meurs.
Alors que le vent souffle,
Calme tempête désespérée,
Futile,
Et innocente par dessus les âmes.
Le vide,
Insouciance,
Désolation,
Et désespérance.
Toujours,
Encore,
Jamais,
Plus rien.
Juste les yeux,
Qui me hantent,
Dans mes rêves,
Dans mes nuits.
Les yeux,
Miroir des âmes,
Détruites,
Et indolores.
Simulacre de joie,
Sourire innocent,
Et innocente joie,
Qui me font vomir.
Mort,
Meurtri,
Dans ma chair,
Corps de mon âme.
Et il appelle en vain,
Inaudible cri,
Décrié,
Et inutile.
Elle est dans ma tête,
Et elle hurle,
Au son de l'acide,
Qui coule dans mes veines.
Noire folie,
Blanche colombe,
Douceur du sang qui coule,
Et me tue.
Je ne sais plus,
Je suis mort,
Pas encore,
Aucune importance.
Blanche-Neige
Blanche-Neige
Aux yeux noirs
Sombres joyaux
De l'espoir retrouvé.
Désespoir et folie
Haine et douleur
Hors de mon coeur
Hors de mon âme.
Passion retrouvée
Scintillante étoile
Parmi les astres
De mes tourments.
Doux rêve inachevé
Illusion nouvelle
Couleurs de ma destinée
Et fleur de mon esprit.
Souffrir encore et toujours
Ou aimer, peut-être
Et être aimé,
Tout simplement.
La reine d'hermine
O sybarite douleur,
Incessante volupté du fouet,
Déchirant mon âme,
Et guérissant mon coeur.
Douce maîtresse de mes tourments,
O, meurtrissante reine,
A tes pieds je repose,
Agonisant.
Frappe!
Et de l'ombre,
Linceul des âmes perdues,
Donne moi ta douleur.
Donne la moi,
Celle qui te ronge.
Frappe!
Et fais moi renaître.
Enfin!
Sous tes coup je me retrouve,
Enfant perdu du désespoir
Et par l'amour, oublié.
Frappe encore!
Encore et toujours,
Et de ta main,
Libère-moi.
Donne,
Donne ta lumière, douce reine,
Et prends mon plaisir,
Car déjà la douleur m'appelle.
Un ange
Douce amie de mes rêves,
Soeur de mes nuits,
Enfant terrible de mon espoir,
Et reine de mon désir.
L'amour s'est tu,
Mais demeure en moi,
Telle une rose fanée,
Par trop de larmes.
Ne me pleure pas,
Car tes yeux brillent toujours,
Scintillantes étoiles,
Au sommet de ma pensée.
Immonde fatalité,
D'un coeur solitaire,
Face auquel j'ai péri,
Poignardé par ses lames.
Le sang coule de ces blessures,
Profonds souvenirs,
De cet amour passé,
Que je n'ai su garder.
Il coule et coulera toujours,
Cicatrice de mon destin,
Me libérant des peurs obscures,
Qui l'ont fait jaillir.
Et à jamais, tu seras là,
Marquée au plus profond de ma chair,
Au plus profond de mon âme,
Petit ange de velours,
Qui, un jour, m'a donné la vie.
La mort blanche
Le rêve s'est envolé,
Et avec lui ma peur.
Dans ma tête résonne encore le fouet,
Dernier souvenir d'un miroir brisé.
L'amertume coule dans mes veines,
Lorsque je l'attise et la transperce.
Ce sang noir qui fait ma folie,
Et que je sens m'envahir, lentement.
Sur les écueils de ma destinée
S'est brisée la douce rose.
Souvenirs, toujours,
Et pleurs.
Mes veines, en tourbillons obscurs,
Percées par la lumière.
Se retrouvent et se rejoignent,
Et dans mon âme se déversent.
Tourbillons de folie blanche,
Ecume de mes nuits,
Martelant la fin,
Sanguine liberté.
Et puis le néant,
La chute, sans fin ni commencement.
Au pieds de la mort,
Doucement je me réveille.
Plus rien.
Juste les souvenirs,
Et l'envie.
Plus rien.
Juste l'amour,
Et la folie.
Espoir
Poussière et chaos,
Esprit aux mille étoiles, amères et cinglantes,
Est-ce la fin d'un songe,
Ou est-ce le commencement?
Qui sait tout ce qui nous sépare,
Ou nous rapproche?
Est-ce la peur qui fait l'homme,
Ou l'homme qui fait la peur?
La pensée surgit de nulle part,
Incertaine et infinie,
A l'horizon du doute,
Et nous terrasse.
Ne pas penser et ne pas souffrir.
Est-ce là l'amour de ma vie?
Est-ce là l'étoile de ma destinée,
Inconscience de la rose dans l'infini?
Les yeux sont l'âme des sentiments,
Qui coulent dans nos veines.
Où regarder et que voir,
Dans la nuit de mes jours?
Douces pensées qui traversent mon corps,
Et me réveillent au milieu d'un rêve,
Songe obscure de mon existence,
Comme la pluie sur mon visage.
Où es-tu?
Où sommes-nous ou sommes-nous toujours?
Tant de questions,
Tant de doutes et tant d'amour.
Peut-être la fin de mon rêve,
Peut-être le début de ma vie,
Ou peut-être es-tu toujours là.
A mes côtés,
Là où je ne peux te voir,
Encore.
Rancoeurs
Le désespoir et la haine ne sont là que pour nous rappeler combien on aime...
Abandon
Je suis l'ange aux ailes brûlées par la folie
Le démon aux yeux crevés par ton ignorance
Mon étoile s'est éteinte devant la violence
De ma joie qui à jamais se voit abolie.
Viens à moi douce nuit de mon obscure peur
Volonté brisée de ma destinée perdue
Et toi, amour déchu de ta cruauté nue
Où s'endorment les pleurs qui terrassent mon coeur.
Passion fatale qui étreint mon âme noir
Crépuscule infini de mon terrible espoir
Où se noie mon esprit violé par ta seule haine
O toi qui fus la plus désirable des reines.
Avec toi mon seul amour s'est à jamais tu
Et de tes lèvres je garde le souvenir
De ce que plus jamais je ne pourrai offrir.
Face à la colère de ton âme j'ai vu
Le souffle froid qui emportera pour toujours
La seule vision que j'ai eue de mon amour.
Crève
En mon âme tu es morte, amour de ma vie,
Doux rêve qui s'achève, soufflé par ton mépris,
De ma pensée le réveil arrache des lambeaux de rêve,
Mon coeur saigne de devoir t'oublier.
Et pourtant la journée m'appartient,
De ma torpeur passée je tire ma haine,
Ma haine pour ce que j'ai été,
Ma haine pour ce que tu es.
Tu as empli mon esprit de ton air, de ton espoir,
Et maintenant je te crache, je te vomis,
Hors de mon corps, hors de mon âme,
A jamais puisque tu le veux.
Ta lumière est devenue mon obscurité,
Ton obscurité ma lumière,
Et de ton ombre il me tarde de voir à nouveau le soleil.
Souffre en silence, enfant perdue de mon espoir,
Souffre ange obscur qui a détruit ma vie,
Et crève enfin pour que je puisse renaître.
20 ans et plus rien
Mon amour s'est éteint telle une flamme soufflée par un vent d'amertume. Les souvenirs volent autour de moi, arrachant ma volonté. Je suis dans une tombe, entouré de morts aux yeux suppliants. Trop de larmes, trop de regrets. Et jamais assez d'espoir pour continuer à vivre. Ma vie s'arrête là. Je suis mort le jour de ma naissance et je ne me renaîtrai pas. Je tombe dans un gouffre sans fond. Je me noie dans l'air que j'aimais respirer. J'étouffe.
Vérité
Il est en chacun une vérité comme la poussière dans le chaos.
Impossible
Je suis l'ange déchu
De mes années perdues
Dont les larmes amères
Rappellent les chimères
A l'horizon je cherche mon étoile
Sans fard et sans voile
La douce et terrible reine
Dans son habit de haine
Au fils de tristesse
Ne parlant que de sagesse
Impossible
Vomir
Hommes esseulés qui dans mes rêves me torturent,
Sans relâche et sans raison.
Lames qui déchirent ma chair,
Meurtrissant mon corps de vos douloureuse tentations.
Je vous vomis.
Jamais à ma haine vous ne pourrez échapper.
Douce est la mort,
Abrupte et vaine,
Face au cortège de vos mensonges.
Vous avez pris ma vie, mon amour et ma joie,
Mais jamais vous ne prendrez ma haine,
Car elle est pure,
Immaculée dans son habit de tristesse.
Je vous vomis,
Vous qui m'avez abandonné,
Seul face à la folie.
Je vous vomis,
Vous encore qui m'avez écouté sans m'entendre,
Et vous qui m'avez trompé par vos sourires.
Et je me vomis,
Moi,
Qui par la faiblesse de mes sentiment ai cru en vos mensonges,
Tenté de voir malgré mes yeux,
Je me vomis,
Et je meure,
Devant vous,
Sans masque,
Sans apparence,
Et sans autres regrets que ceux qui m'ont déjà tué.
Sacrifice
Mon sang coule au delà de mon espérance,
Reflétant ma désolation,
Ma douleur,
Ma haine et ma mort.
Je sens ma vie,
Craintive et inutile,
S'en aller par ces blessures que je me suis moi-même infligées,
Par peur et par amour,
Je vais mourir,
Là, devant vous,
Lentement et atrocement,
Je vais mourir,
Détruit par cette même folie qui m'a fait vivre,
En oubliant de me faire aimer.
Décomposition
Tu me manques. La pâle froideur de la nuit n'éclaire plus mes yeux éteints par la folie. Le temps s'est arrêté, et pourtant les heures continuent de s'écouler telles des vagues dans un océan d'amertume. Je me présente seul face aux portes de la destinée, crucifié devant ma propre mort. L'absence de sensibilité devient douleur lorsqu'elle est confrontée à elle-même. Que peut l'homme face à la souffrance, sinon détourner la tête. Le vent souffle et emporte les morts, prisonniers de leurs âmes. Déjà le rideau est tombé. La pièce est finie, avant même d'avoir commencé. Seuls restent les mots, improbables et vains. Trop de larmes se sont écoulées sur ce monde, creusant les sillons de ce que l'on nomme espérance. La haine est devenue reine. Elle demeure seule au centre du vide, dans un ciel sans étoile. Mon esprit se perd dans une poussière de rêves qui ne peuvent plus rien pour lui. Mes mains tremblent et se refusent à écrire ce que mon âme n'a su garder en elle. Le crépuscule est toujours infini.
La mort
La brume a enveloppé mon âme de sa poussière pourpre et le vent souffle contre mon visage décharné. Des yeux me regardent, au loin, mais ils sont d'une autre pensée, trop lointaine, trop inexacte. Je me présente seul aux portes de ma naissance, entouré de ceux que j'ai cru aimer. Le vent souffle toujours, soulevant ces lointains souvenirs d'une vie trop courte. Parmi les montagnes de ma conscience je me suis égaré, oubliant cette étincelle de vie qui seule permet de ne pas voir ce qui est invisible. J'ai oublié l'amour en oubliant ma vie. Il ne reste que les mots, trop incertains pour signifier une rédemption. La pluie amère a lavé mon esprit de ses regrets. Mes mains se tendent vers cette mort qui demeure la seule lumière à l'horizon de ma pensée, aveuglante et obscure. Elle aussi s'éteindra. Il sera alors temps pour moi d'exister à travers elle, comme si je n'étais jamais né. La nuit a déjà recouvert mon âme de sa lumière. La mort est là, elle aussi. Elle attend la fin de mon amour. Au loin marchent silencieusement les cohortes du chaos, dévastant les âmes et ne laissant plus que ruines. Une plainte, seule, s'élève, mais elle est étouffée par ma haine. Ses yeux m'ont retrouvé. Ils percent mon corps de leur douleur, rendant visible ce qui n'aurait pas dû exister. Je suis seul contre ma douleur, seul contre moi-même. Je ne peux plus être ce que j'ai été parce que je n'existe plus. Dans ma tête s'est répandue sa haine, que je me suis empressé de faire mienne. Que peut une étincelle de bonheur au milieu d'un océan de désespoir, sinon s'éteindre? La vie avait un sens. Elle me l'a pris. Je suis devenu son absence. Mes yeux sont devenus les siens. Ma mort est devenue sa vie.
Mais la mort n'est pas la mort, car la mort n'existe pas. Seule demeure la mienne, au sommet de ma haine. Elle grandit en moi, douloureuse, lascive, froide et immaculée. Ses yeux se sont ouverts lorsque les miens se sont clos. Je vois le monde à travers elle. Cette vie qui, autrefois, fut belle est désormais en ruine. Des rivières de sang coulent le long de ma destinée, engloutissant cet amour que je n'ai pas su accepter. Elle m'a elle-même tendu les armes de l'ostracisme dont je me suis frappé. Aucune étoile ne brille dans mon âme. Elle se sont éteintes, lentement, préférant mourir plutôt que d'être niées. Elle reste seule à veiller sur moi, attendant patiemment un signe de faiblesse pour me tuer. Le jeu s'est terminé lorsque j'ai réalisé que je ne pouvais que perdre. Je perdrais donc, puisqu'il le faut, et je mourrais puisqu'elle le veut. Ma seule solution et d'attendre encore un peu avant de me livrer à elle. En continuant à souffrir, je la fais souffrir elle, car elle se voit contrainte à exister.Lorsque je ne souffrirai plus, elle pourra emporter la pensée qu'elle à détruite et régner sur l'inexistence qui l'a fait naître. C'est seulement lorsque je serais mort que je pourrais à nouveau être heureux.
La bête
Le cercle infini de ma souffrance se termine ici, amour de ma vie. Je me retrouve à tes pieds, là où tu m'as attendu. Le visage que tu avais cru connaître et aimer est devenu vide, marqué au fer rouge de l'inconscience. Le souffle de la mort a ravagé mon âme, et détruit ma vision. Mes yeux sont vides, fatigués de ne plus voir. La bête a terminé son oeuvre. Je suis elle maintenant. Chaque mot que tu m'arraches renforce un peu plus encore mon envie de mourir. Je ne suis plus rien, si ce n'est sa propre souffrance, attisée par les braises encore chaudes de mon existence qui jamais plus ne se retrouvera. Un ange est passé. De son aile il m'a effleuré, me livrant d'avantage à ce monstre de puissance que j'ai accueilli en moi. Elle n'a plus d'importance maintenant. Elle a pris ce qu'elle pouvait et détruit ce qu'elle ne pouvait emporter. Elle reste, seule, indéfinie et vide. La souffrance prendra bientôt fin. Elle gagnera et emportera mon souvenir sous sa robe de feu que jamais je n'aurais dû voir. La mort m'attend, et je n'ai plus qu'elle. Ne sois pas triste, enfant de ma destinée. En me montrant ta pureté, si fragile et si craintive, tu m'a aussi donné une raison de mourir. En expirant j'emporterai avec moi le dernier souvenir de ma conscience, et je l'emporterai elle, avant qu'elle ne puisse atteindre les limites de ton âme. Si je meurs aujourd'hui, ce ne sera plus pour elle, mais pour toi. La seule chose sensée de mon existence aura été ma mort. Le cercle se boucle. Tout pourra alors recommencer.
Ruines
La nuit a enveloppé la ville de ses nuées obscures,
Le vent souffle dans les rues désertes,
Et la lune offre aux dormants sa pâle lueur d'espoir.
Le sang coule toujours dans les étroites coursives de ma conscience,
Et l'enfant dort encore,
Sans se douter de la folie humaine qui a déjà ravagé son âme.
Au lointain se préparent les hordes destructrices,
Contre lesquelles l'esprit ne peut que céder,
Incapable de reconnaître une existence déjà scellée.
L'étoile de la destinée a cessé d'être,
Et bientôt l'obscure lumière de la mort aura recouvert les âmes,
Qui ne savent pas être condamnées.
La froideur immaculée de l'espoir ne peut plus rien,
La pièce avait déjà été écrite,
Et la salle vidée de toute crainte.
Mon corps souffre en silence,
Et les larmes coulent sur un visage,
Qui, jamais, n'aura connu le bonheur des Autres.
Des lamentations s'élèvent dans la nuit,
Derniers signes d'une existence brisée,
Dont personne ne se souviendra.
Des cendres encore chaudes de ma pensée renaîtra l'oubli,
Et la mort pourra continuer sa route incertaine et infinie,
Comme si elle aussi avait oublié.
Bientôt
La mort est venue,
Monstre de tristesse et de lumière.
Et toi, enfant de mes rêves,
Toi aussi tu t'inclineras devant son obscure lueur.
Tu erreras dans la ville déserte
A la recherche de ta destinée
Que tu ne sais pas perdue
Dans ses yeux ternis par les mots,
Tu verras ton agonie
Et comprendras ma souffrance.
Mon esprit n'est plus,
Ravagé par une folie qui se nomme amour
Et qui jamais plus au sein de mon âme
Ne trouveras cette vie
Absurde
Et magnifique
Qui si longtemps m'a fait vivre.
La pluie a lavé mon corps de sa sueur
Et mon sang s'écoule
Comme l'écume de sa rage
Retenue prisonnière trop longtemps
Dans une prison faite d'illusions.
L'étoile s'est éteinte
Et le doux reflet de la lune
N'apporte à mon esprit
Que douleur et dérision.
Bientôt je serais libre
Bientôt je serais mort.
Désolation
Douce nuit de folie humaine,
Où les corps enchevêtrés sous la lune,
Rougie du sang des Autres,
Ne peuvent qu'exprimer leur amertume cinglante.
Mortelles désespérances des illusions,
Qui, aux firmament de la douleur,
Ravagent l'esprit,
Ne laissant que ruines et désolation.
Monde absurde et cruel,
Dans lequel je suis né,
Seul et impuissant,
Face à l'aurore de mes nuits
Mort qui de ta lumière.
A obscurci les ténèbres de mon âme.
Et toi,
Amour éteint de ma destinée perdue.
Je suis mort pour vous.
Chaos
Douleur lascive qui broie mon coeur,
Je m'offre à toi tel un damné,
A la recherche d'un châtiment.
Hommes esseulés,
Retirez-vous dans vos rêves.
Seul,
J'erre dans les rues de ma naissance,
Couvert par le manteau de feu de la folie étoilée.
En ce monde de souffrance,
Vain est l'amour de l'infini,
Inapte à la guérison de l'âme,
Crucifiée par trop de mots.
Viens,
Enfant de ma destinée.
Rejoins-moi dans le chaos de étoiles,
Et meurs en silence,
Comme on te l'a appris dans une autre vie.
Haine
Vie ténébreuse
Monstre d'ingratitude
Qui m'a fait naître parmi les astres
Je te hais.
Mort absurde
Et innocente
De l'enfant en mal d'amour
Je te répudie.
Destinée irrévocable
Et sale
Qui aux âmes les plus ardues fait défaut
Je t'abhorre.
Amour lancinant
Et inutile
Fief des esprits aux mille étoiles
Je te renie.
Douleur désirée
Et désirable
Par laquelle naviguent les âmes en quête de bonheur
Toi aussi je te hais.
Et toi
Homme absurde
Et esseulé parmi les vivants
Jamais en mon âme tu ne trouveras de repos.
Souffrance
La nuit a enveloppé la ville de son manteau d'obscurité et nulle étoile n'offre aux hommes la douleur de l'espérance. Le temps est venu. Des hordes affamées parcourent les rues sombres et humides de la pensée. Le bonheur est noyé par la douleur, lascive, qui, sans relâche, abats les assauts désespérés de mon coeur meurtri par une solitude incertaine. La haine caresse mon corps décharné de son regard de feu. Son obscure lueur aveugle, perce les âmes et corrompt les esprits. Le sens de la vie s'est éteint, soufflé par le néant. Des tourbillons de couleur descendent du ciel et apportent à ma douleur ce qu'elle aurait dû détruire. Sous le sable se cache le serpent de l'anéantissement qui déjà a disposé ses anneaux autours de mon coeur. Mais il ne peut le broyer car il disparaîtrait avec moi, lui qui n'a jamais existé ailleurs que dans ma souffrance éternelle.
Les ailes d'un ange
Je ne replie pas mes ailes. Je ne les déploie pas. Et même, je les ai perdues...
La rose
La pluie de mon sang s'écoule sur moi comme la vie d'un Autre. Jamais plus je ne verrai ton visage me sourire. Tu as compris qui j'étais mais tu n'as pas vu que je n'étais pas. L'amour que tu avais pour moi était celui d'un ange pour la mort. Dans l'océan de ma destinée tu te reflètes indéfiniment. J'ai cru en ton rêve avant de me noyer dans mon âme torturée par la folie. Jamais plus je ne serai dans tes yeux. Ma vie s'est éteinte avant d'être consumée. Au delà des montagnes du ciel j'ai vu la mort. Et son regard m'a absorbé, tel un nuage de pluie. Tu as cru en moi. Je suis l'infini, le commencement et la fin, le tout et le rien. C'est cela la mort. Je pleure dans ma solitude et jamais plus je ne serai moi. J'ai cessé d'exister au moment même où je suis né. Son regard est comme un brasier, et ses dents déchirent ma chair meurtrie. Mais elle m'a abandonné. En faisant exister ce qui ne pouvait être, j'ai condamné la fleur qui brûlait au sein de mon âme. Ce n'est que lorsque l'on a tout perdu que l'on réalise que l'on peut encore perdre. Je m'égard dans ma folie et je vais mourir. La rose était tienne. Maintenant elle illumine ma vie par l'obscurité de sa douleur. Il est écrit qu'il me faut mourir. Et c'est à cause de cela que je dois vivre.
Etoiles
Le souffle de la mort s'est éteint. Elle m'a laissé, seul parmi mes rêves. L'étoile de la folie est tombée, elle aussi. Je suis seul. Je me perds dans mon âme et j'avance malgré tout sur les chemins de la désolation. Mon corps est vide. La souffrance n'existe plus. Douce nuit tachée de sang jamais plus ne regardera mon visage ravagé par le non-sens. L'enfant erre dans les rues de la ville en flamme. Il sait qu'il va mourir et pourtant il marche comme une âme dont la seule fin est de réaliser ce rêve. Le rideau est tombé. La foule a quitté la salle et pourtant la pièce n'était pas finie. La lune est pleine, cercle d'infini. La suite n'a pas besoin d'être écrite. L'enfant va mourir. Sa peau de détachera lentement et tombera comme une pluie d'été. Ses yeux devenus vides ne verront plus que vérité. Il est devenu l'esclave de celle qui l'a enfanté. Sa naissance n'avait pas d'importance. Il était comme les Autres jusqu'à cet instant. Il crie. Il lutte, mais personne ne l'entend. Personne sauf elle. Et elle l'enveloppera de son manteau de feu comme s'il était déjà elle. Jamais plus il ne la verra. Ses yeux sont déjà ceux d'une autre. Et c'est pour cela qu'il lui faut mourir.
Immortel
Jamais encore il n'y a eu tant de morts dans mes yeux. Ils sont partout. Ils me regardent de leurs yeux vides et creux. Ils savent que je suis des leurs. Et pourtant mon corps vit encore. Mon âme, elle, a déjà fait son choix. Lorsque je me regarde, je vois ma mort, insignifiante et vaine. Des filaments de pensée s'évadent de mon esprit en décomposition. La volonté de la mort me fait vivre, à mon grand désespoir. Jamais je ne m'en sortirais. Je suis immortel. Les Autres ne sont plus. Ils ont été effacés de ma vision. Je suis seul dans ma souffrance, incapable de revenir en arrière. La destruction était programmée. Je n'ai rien pu faire contre. J'ai commis une erreur. Ce n'est pas la mort la perfection. Ce qui n'est pas ne peut être définis. C'est l'instant où la vie cesse d'illuminer la mort qui est parfait. Ainsi je me rends compte que je ne désire pas être mort. Je veux mourir, avoir encore assez de vie en moi pour la sentir s'échapper. Et c'est un instant que je retarde chaque jour, afin de le désirer encore un peu plus. C'est pour cela que je ne peux pas m'arrêter. Et c'est pour cela que je ne pourrais jamais vivre la mort comme elle le mérite.
Désespérances
O vous mortelles désespérances de mes rêves,
Qui par jeu n'offrent à l'esprit aucune trêve,
Libérez mon âme de cet abcès de folie
Humaine que la bête n'a su abolie.
Une seule fois privé de lune enchanteresse,
Ne ressent le soleil plus que peur et tristesse,
Et lors du crépuscule, la mort étant venue,
Ne peux que s'offrir à cette bouche menue.
La nuit assombrit alors le rêve attendu,
Qui, au delà du feu se retrouve perdu,
Et crie au vent sa douleur de ne plus paraître.
Face à cette homme libre de ne plus exister,
La mort se résigne et n'a aucune pitié,
Car en cette vie n'est aucune raison d'être.
Rencontre
Par delà les montagnes de feu je m'égare,
Comme un oiseau tombé dont le regard hagard
Ensorcelle et terrorise les existants,
Qui ne peuvent que se lamenter dans leur sang.
Tant de fois j'ai parcouru les immensités
Créatrices de cette vie où la pitié
Demeure cachée au delà des nuées du vide,
Tant de fois j'ai été comme Laodamie.
Je t'aime comme un enfant privé de sa joie,
Qui dans l'incompréhension des Autres se noie,
Et qui pour une autre brise sa solitude.
Au détour d'un chemin creux je t'ai rencontrée,
O toi la mort qui à mes yeux est plénitude,
La seule que mon âme ait jamais adoré.
Les regrets
Qui suis-je à part les Autres? Que pensé-je à part ce qui a déjà été pensé. Qu'aimé-je à part ce qui a déjà été aimé? Au détour d'une vie j'ai cru exister. Maintenant mes yeux sont clos, mais les larmes continuent à couler le long de mes joues, creusant ces larges sillons que l'on nomme sagesse. Cruelles ironies d'un monde qui a perdu jusqu'à son âme. Il n'y a pas de grades dans la souffrance morale. Il y a juste les regrets.
Peut-être
Le peut-être n'a aucune importance. Et les certitudes sont encore pires.
Jamais
Chaque jour je tourne mes yeux vers le ciel,
Chaque jour j'espère m'écouler dans cette immensité,
Chaque jour je pense pouvoir l'atteindre,
Et jamais je ne l'aperçois.
Chaque jour je vois la vie danser devant moi,
Chaque jour j'admire ses parures,
Chaque jour je crois en cette beauté flamboyante,
Et jamais je ne la fais mienne.
Chaque jour j'espère en ton amour,
Chaque jour je t'appelle en cette obscurité qui m'est propre,
Chaque jour je m'attends à te voir devant moi, resplendissante,
Et jamais je ne croise ton regard
Chaque jour je crois en ce rêve,
Chaque jour je pense qu'il est à moi ce qu'il est aux Autres,
Chaque jour j'ai l'impression de le tenir entre mes mains,
Et jamais je ne me réveille.
Chaque jour tu te montres à moi,
Chaque jour tu me fais grâce d'un sourire,
Chaque jour tu me donne de l'espoir en même tant que de la souffrance,
Et jamais tu ne reviendras.
Libre
O toi qui as détruit mon coeur, garde de moi le souvenir d'un âme perdue au sein d'une forteresse aux murs faits d'illusions. Le vide, sans cesse renouvelé, m'apporte toute sa plénitude exacerbée. Je suis la mort, l'ange des ténèbres, l'hiver qui jamais ne se termine. Et je me noie dans l'incertitude de la souffrance qui m'attire vers ce lointain sommeil où les mots ne sont plus. La mer, fatiguée d'avoir trop aimé, laisse couler ses flots par delà nos horizons comme un enfant assoiffé par la mort qui le rend digne. La folie est un rêve qui ne se termine qu'au début du tunnel de notre pensée.L'amour de la mort n'est autre qu'une rivière asséchée par laquelle notre existence ne peut qu'avancer, guidée par la haine emplie de la vie de l'homme seul parmi lui-même. Le Libre erre dans les rues de la nuit, à la recherche de l'étoile de sa destinée qui demeure cachée derrière les nuées du vide. La mort l'attend à la porte de la folie. Elle guette l'instant de sa naissance pour vivre en lui comme une fleur coupée trop tôt. La peur assombrit le néant fini, l'immensité lui appartient et la mort étend ses ailes au-delà de ses rêves. Son esprit crie sa douleur à l'aube proche. Par delà les montagnes de feu et de sang il s'égare. Bouches affamées comme des sexes qui n'en finissent plus de se consumer dans le froid de son âme. Il me regarde et m'appartient. Je suis celui-là.
Le bonheur
Pourquoi faut-il toujours détruire son propre bonheur? Ne peut-on savoir que l'on a été heureux que si l'on a perdu tout espoir?
Agonie
Tout est fini, tout a recommencé. L'homme est mort. La bête est ressuscitée. Elle est plus forte, plus haineuse que jamais. Elle me domine. Elle tient ma pensée. Elle me redonne une fois encore sa haine des Autres qui la font exister. Elle est ignoble, sale et destructrice. Elle fond dans mon esprit. Je ne suis plus rien d'autre que ce qu'elle est vraiment, c'est à dire l'innommable nommé. Je m'en vais. Je suis seul sur le chemin de l'agonie. Ma peau se détache. Mes yeux sont vides. Mon corps tout entier se décharne. Et pourtant j'avance, guidé par ma haine qui ne souffre d'aucune limite. Elle est pleine. Le cercle se boucle. Bientôt je ne serais plus. Mais cela ne me fait plus rien. L'ange n'aura bientôt plus besoin de se montrer. Il est maintenant temps que je me présente nu face à la douleur. Le sang coule. Il est chaud. Il me dégoûte parce qu'il me fait vivre. Je l'aime parce qu'il me fera mourir. Et elle m'embrassera sur la bouche, me faisant goûter son souffle infini. L'amour est encore là car je n'y suis pas encore tout à fait. Après je n'en aurai plus besoin. Bientôt je serai tout. Bientôt je ne serai rien. Bientôt je serai moi. Bientôt je serai elle. Bientôt je serai mort.
Une ombre
La lune m'apporte son cortège de feu au-delà duquel il m'est impossible de me souvenir de la vie. Je suis mort il y a longtemps. Mes yeux se sont éteints et la nuit les illumine par sa clarté incessante. Des mots sortent de ma bouche, mais ils sont d'une autre pensée. La mienne est réduite à la douleur de l'inexistence. Je m'enfonce chaque jour dans l'incompréhension répétée de ceux qui veulent ne rien vouloir et savent ne rien savoir. J'ai mal. Mal de ne plus avoir mal. Tu m'as délivré pour m'enfermer dans une cage qui est la sensation de vie des Autres. Je tombe et tu es la seule à pouvoir me retenir par ton incompréhension. Ne m'en veux pas, mais redonne moi la sensation de liberté qui est propre à ceux qui aiment sans le savoir. S'ils savaient, ils n'aimeraient plus.
Renaître
La mort s'écoule en moi comme un feu éternel alimenté par ma crainte de l'espoir. Je me sens mourir. Je suis l'oiseau de la souffrance, ouvrant ses ailes et recouvrant le monde par son souffle. Il est trop tard pour libérer mon esprit. La lune s'acharne sur l'aube de la destinée. Celle des Autres est déjà écrite. La rose se transforme en serpent ; le serpent se noie dans l'ignorance du bonheur craintif. Je ne peux plus attendre. Je suis loin derrière, partagé par mes souffrances. Je suis mort. Mon corps n'est plus que chair éparpillée au firmament de la douleur. Ils ont crée ce vice et l'ont appelé beau. Le beau triomphe et le mal renaît par sa mort. Je ne veux plus renaître.
Rien
L'ange blanc est à mes côtés. Il veille sur mes chimères. Il est à l'origine du rien. C'est lui qui influence à chaque instant sur les actions de l'homme prisonnier de sa propre liberté. Il me tarde de mourir. Peut-être est-ce la même chose que vivre. Les deux n'ont aucune importance. Je suis seul. Pourquoi Dieu n'est-il plus là? Le réconfort des mensonges me manque. Ils savaient ce qu'ils devaient oublier et ils l'ont fait. Mais je m'en suis souvenu. L'ange est alors réapparu, telle une brûlure. Il m'a guidé. Maintenant le temps est venu, mais je ne sais pas pour quoi. Il faut encore penser à l'oublier, et oublier de penser. Cela ne s'arrêtera-t-il donc jamais? Jamais plus ou jamais encore. Rien. Le rien est vide de toute absence de sens car nous l'appelons sans cesse pour nous signifier à nous-même. Mais que sommes-nous...
Le masque et l'illusion
Chacun de mes actes est une destruction. Je ne puis faire autrement. Quoi que je fasse, il y a toujours cette pensée qui perdure. Certains prétendent que, contrairement à Eurydice, l'absurde ne meure que lorsque l'on s'en détourne. Mais où donc tourner la tête si tout ce que nous pouvons voir est absurde? Il n'y a aucun moyen de revenir. Il y a cette chose en moi, dans ma tête, qui me ronge lentement, savourant chaque victoire. Elle n'est pas moi, mais moi, je suis elle. C'est pour cela que je ne peux pas réagir. Je l'ai senti gonfler, emplir ma pensée, la défaire pour créer la sienne que je me suis empressé d'entériner. Elle a complètement détruit ma conscience. C'est elle qui a le contrôle. Je le sais très bien. Depuis ce jour, l'existence m'apparaît nue, dans toute son immonde splendeur. Et je m'en emplit de la même façon que l'air qui entre dans mes poumons. Tout est. Oui, tout existe. C'est affreux. Je n'en peux plus. Le masque craque. Bientôt, il ne restera plus rien. Celle qui va m'achever est déjà en place. Une simple forme sombre, derrière moi. Une sensation de vide, d'absence. Et puis tout tourne, tout se bouscule. Lorsque la lumière revient, il n'y a plus que le désespoir. Mais à celui-ci s'associe l'espoir de la prochaine confrontation avec cette non-existence. Mes derniers soubresauts ne font qu'accentuer ma douleur, car ils sont à chaque fois arrêtés. Mon amour n'a d'égal que ma souffrance. Ou peut-être est-ce l'inverse, je ne sais pas. La folie, c'est la mort avec des veines chaudes. Elle est toujours là, elle aussi. Je la sens qui attend que l'autre ait terminé sa sinistre besogne pour s'emparer du vide. Je ne suis plus rien. De ma bouche, seuls des mots sans saveur, insipides et fades peuvent sortir. Et encore, en sortant, il ne font qu'accentuer ce qui est mien. Les mots... Quelle chose étrange. Existent-ils, eux? L'âme ne peut s'ajuster à l'existence. Pour cela, il aurait fallu qu'elle en soit séparée. Tout est simple. Tout est si simple. Et c'est précisément cette simplicité doucereuse qui est terrorisante, et cela parce que je la vois chaque jour, chaque heure, chaque minute. Pis encore, parce que cette simplicité, c'est nous. Nous massacrons parce que nous sommes, et parce que les Autres sont. C'est totalement inutile, mais c'est si simple. Souvent, lorsque j'erre dans les rues et que je croise les Autres, j'ai envie de tuer l'un d'entre eux. Inutile, mais simple. Mon existence n'en serait même pas affectée. Elle serait toujours là. Je serais toujours là. Inutile, mais simple. Tout est là. On me parle sans cesse de gagner. Au contraire. C'est bien de perdre qu'il s'agit. Mais peut-être qu'à ce niveau perdre équivaut à gagner, et gagner revient à perdre. Je ne sais plus. Simple... La vraie illusion n'est pas dans le masque. C'est ce qu'il y a dessous. Et ce qu'il y a en dessous...
Les Autres
Les plus pessimistes d'aujourd'hui ont été les plus optimistes autrefois. Ils poursuivaient de vaines illusions, l'échec les a découragés. Il n'y a aucun retour en arrière possible. Ces échecs ont un goût amère. Ils ne servent à rien puisque l'on ne peut les corriger. Mais ils sont tout de même là. La vie devient alors une longue souffrance, souffrance accentuée par notre regard sur les Autres. Nous sommes des brebis galleuses, tenues à l'écart du troupeau. Les Autres paissent tranquillement, sans se douter du loup qui rôde. Nous les regardons, mais eux ne nous voient pas. Ou plutôt, ils ont décidé de ne pas nous voir. Nous n'avons plus la possibilité de retourner parmi les nôtres, et nous sommes pourtant condamnés à rester à proximité. Notre sentiment de solitude et notre souffrance s'accentuent de jour en jours, au point de remplir complètement notre pensée. Il nous arrive parfois de croire en une soudaine possibilité de rédemption; quelques brefs moments de joie, de volupté, ou de ce que nous croyons être de l'amour. Mais tout est détruit en quelques instants. Et à chaque fois nous faisons un pas de plus vers le précipice. Le piège marche toujours. Nous savons beaucoup, mais est-ce vraiment si important? Ne vaut-il pas mieux ne pas savoir et vivre des jours heureux, quitte à être dévoré un jour? Bien sûr que oui. Chaque jour je vois les Autres. Chaque jour j'aimerais me lever un matin en étant comme eux. Il ne se rendent compte de rien, mais ils sont heureux ainsi. Ils ont des sentiments, éprouvent de la joie ou de la tristesse. Moi je n'ai rien de tout cela. Lorsque je me lève, elle est présente. Elle me regarde de ses yeux cruels et ironiques. Elle me fait attendre. Mais le jour viendra où, moi aussi, je pourrai goûter à ce fruit interdit qu'est la mort.
Perfection
La perfection est dans la mort, là où l'absurdité n'a plus de raison d'être.